RVB vs CMJN: comprendre la couleur pour le web et l’impression

Quand tu bosses dans InDesign, tu fais toujours le même pari: ton visuel doit sortir comme prévu. Et pour ça, il faut comprendre deux choses:

  1. comment la couleur est fabriquée
  2. comment une image est définie (pixels + résolution)

1) RVB (web) vs CMJN (print): deux mondes différents

RVB (Rouge Vert Bleu) = 

écran

  • Utilisé pour: sites web, réseaux sociaux, vidéos, écrans, PDF “écran”.
  • Un écran émet de la lumière via des pixels (petites lampes).
  • On parle de couleur additive.

➡️ En RVB, plus tu ajoutes de lumière, plus tu vas vers le blanc.

R + V + B à fond = Blanc

RVB à zéro = Noir (pas de lumière)

Exemple simple:

  • Rouge + Vert = Jaune (sur écran)
  • Rouge + Bleu = Magenta
  • Vert + Bleu = Cyan

CMJN (Cyan Magenta Jaune Noir) = 

impression

  • Utilisé pour: affiches, flyers, livres, magazines.
  • L’encre ne “brille” pas. Elle absorbe la lumière ambiante.
  • On parle de couleur soustractive.

➡️ En CMJN, plus tu ajoutes d’encre, plus tu vas vers le noir (ou un brun triste si tu empiles mal).

CMJ superposés = presque noir (théoriquement noir, en vrai ça “bave” et c’est sale)

C’est pour ça qu’on ajoute le N (Noir): pour avoir un noir net, du contraste, et des textes propres.


2) Additif vs soustractif: la métaphore qui marche

  • Additif (RVB): tu empiles des projecteurs de lumière. Résultat: tu obtiens du blanc en additionnant.
  • Soustractif (CMJN): tu empiles des filtres/encre qui retirent de la lumière. Résultat: tu obtiens du noir en soustrayant.

C’est littéralement:

Écran = lumière qui sort

Papier = lumière qui rebondit (et l’encre en mange une partie)


3) Pourquoi “les couleurs changent” entre écran et print

Parce que:

  • un écran peut afficher des couleurs très lumineuses (certains verts/cyans/bleus très “néon”)
  • l’impression CMJN a une gamme de couleurs plus limitée (gamut plus petit)

Donc ton “néon cyberpunk” en RVB peut devenir “bleu un peu triste” une fois imprimé, si tu ne contrôles pas.


4) 8 bits = ~16,7 millions de couleurs en RVB

Une image RVB classique (JPEG/PNG standard) est souvent en 8 bits par canal.

  • 8 bits = 256 niveaux (de 0 à 255)
  • En RVB, il y a 3 canaux (R, V, B)

Nombre de couleurs possibles:

256 × 256 × 256 = 16 777 216 couleurs (≈ 16,7 millions)

C’est énorme, et pourtant ça ne garantit pas une belle impression. Parce que l’impression dépend du CMJN, du papier, de l’encre, et du profil colorimétrique.

(À côté, le 16 bits par canal, c’est 65 536 niveaux par canal: utile surtout en retouche lourde pour éviter les dégradés moches, mais ce n’est pas indispensable pour une simple mise en page.)


Résolution: pixels, taille, dpi… et pourquoi tout le monde mélange

5) Taille en pixels ≠ résolution d’impression

Une image a toujours:

  1. une taille en pixels (ex: 6000 × 4000 px)
  2. une résolution d’impression (ex: 300 dpi)

DPI / PPI: c’est quoi?

  • Pour une image, on parle plutôt de PPI (pixels par pouce), mais tout le monde dit “DPI”.
  • L’idée: combien de pixels tu mets dans 1 pouce (2,54 cm) quand tu imprimes.

➡️ Plus il y a de pixels par pouce, plus l’impression est fine.

Formule pratique

Taille imprimée (en pouces) = pixels / dpi

Puis conversion:

1 pouce = 2,54 cm

Donc si tu as 3000 px de large:

  • à 300 dpi → 3000/300 = 10 pouces → 25,4 cm
  • à 150 dpi → 3000/150 = 20 pouces → 50,8 cm

Même fichier, deux tailles d’impression différentes.


Exemple concret: affiche A1 à 150 dpi vs 300 dpi

6) Format A1 (portrait)

Dimensions A1:

  • 594 × 841 mm
  • soit 59,4 × 84,1 cm
  • soit en pouces:
    • 59,4 / 2,54 = 23,39”
    • 84,1 / 2,54 = 33,11”

A1 en 300 dpi (qualité print haut niveau)

Pixels nécessaires:

  • Largeur: 23,39” × 300 = 7017 px
  • Hauteur: 33,11” × 300 = 9933 px

➡️ A1 à 300 dpi ≈ 7017 × 9933 px

C’est lourd, mais nickel (affiche vue de près, beaux détails).

A1 en 150 dpi (grand format acceptable)

Pixels nécessaires:

  • Largeur: 23,39” × 150 = 3508 px
  • Hauteur: 33,11” × 150 = 4967 px

➡️ A1 à 150 dpi ≈ 3508 × 4967 px

Souvent OK pour une affiche vue à distance (hall, vitrine, événement), mais moins fine de près.


7) Conclusion pratique (spécial InDesign)

  • Web: travaille en RVB, export en PDF écran / PNG / JPEG.
  • Print: prépare en CMJN, contrôle tes images dans le panneau Liens (résolution effective).
  • Pour une affiche:
    • 300 dpi si on la regarde de près, ou si c’est une impression “qualité”
    • 150 dpi si c’est grand format vu à distance (souvent suffisant)

Et dernier rappel: une image petite en pixels ne devient pas miraculeusement nette parce que tu écris “300 dpi”. Ça, c’est juste un chiffre. Les pixels, eux, ne mentent pas.

InDesign: la différence entre Sélection (V) et Sélection directe (A)

Dans InDesign, une image est presque toujours un duo:

  1. un cadre (un rectangle, qu’on appelle “bloc” ou “frame”)
  2. le contenu à l’intérieur (l’image placée)

Tu peux voir ça comme:

  • le cadre = la fenêtre
  • l’image = ce qu’on voit à travers la fenêtre

Et c’est là que tout se joue.


L’outil  Sélection (V) : tu manipules le cadre

La flèche noire (V) sert à sélectionner et manipuler l’objet complet, donc le bloc (la fenêtre).

Avec V, tu peux:

  • déplacer le bloc (cadre + image ensemble)
  • redimensionner le bloc
  • appliquer un contour, une couleur de fond, un effet au bloc
  • aligner le bloc avec d’autres éléments
  • changer ses proportions (attention à ne pas déformer si tu forces)

V = je bouge la fenêtre sur le mur

Exemple concret (image dans un rectangle)

Tu as une photo placée dans un cadre.

  • Avec V, si tu cliques sur le cadre et tu le déplaces: tout bouge (cadre + image).
  • Si tu redimensionnes le cadre: tu changes la taille de la fenêtre.

L’outil Sélection directe (A) : tu manipules ce qu’il y a dedans

La flèche blanche (A) sert à sélectionner l’intérieur: l’image, ou les points d’un tracé.

Avec A, tu peux:

  • déplacer l’image à l’intérieur du cadre sans bouger le cadre
  • recadrer en ajustant ce qu’on voit (changer le “cadrage”)
  • sélectionner des points si c’est un tracé (vecteur)

👉 A = je garde la fenêtre fixe, mais je bouge l’affiche derrière la vitre

Exemple concret (recadrage)

Tu veux que le visage soit plus centré:

  • Tu prends A
  • Tu cliques sur l’image (à l’intérieur)
  • Tu fais glisser: le cadre ne bouge pas, mais l’image se décale derrière la “fenêtre”
  • Résultat: tu changes le cadrage sans toucher à la mise en page.

Le cas typique: “je veux déplacer l’image mais je déplace le cadre”

Ce qui se passe

  • Tu utilises V.
  • Tu cliques et tu glisses.
  • InDesign déplace le bloc entier.
  • Ton alignement part en vrille.

La solution

  • Utilise A pour déplacer le contenu (l’image) dans son cadre.

Présentation Adobe InDesign

À quoi ça sert

  • Mise en page professionnelle : magazines, livres, rapports, dossiers, brochures, flyers, affiches, catalogues.
  • Gestion propre de la typographie (styles, césures, veuves/orphelines, justif…).
  • Production print + export PDF (imprimeur / web / interactif).

À quoi ça ne sert pas

  • Retoucher des photos (ça c’est Photoshop).
  • Dessiner des logos/illustrations vectorielles (ça c’est Illustrator).
  • Concevoir une UI interactive moderne (Adobe XD ou Figma).

Le concept central : Indesign = un “conteneur” qui organise tout

Indesign ne “contient” pas vraiment tes images et textes comme un Word. Il place et lie :

  • Des blocs (frames) : bloc texte / bloc image
  • Des liens vers des fichiers (images, parfois textes). Utilise un repertoire « src » avec tous les fichiers utilisés dans dans ton document
  • Une structure : pages, gabarits, styles, grille

👉 Résultat : c’est puissant, mais si tu déplaces tes fichiers n’importe où, Indesign te punit.


Vocabulaire indispensable

  • Document / Pages / Planches
  • Fond perdu (bleed) : ce qui dépasse pour éviter les liserés blancs à la coupe
  • Marges : zone de respiration
  • Gabarits (Master pages) : éléments répétés (folios, grille, titres, repères…)
  • Blocs (frames) : texte et images vivent dans des rectangles
  • Chaînage de texte : un texte peut couler de bloc en bloc
  • Styles : paragraphe / caractère / objet
  • Nuancier : couleurs (CMJN / RVB / tons directs)
  • Assemblage (Package) : dossier propre pour transmettre/imprimer

Tour guidé de l’interface (simple et utile)

Zones clés

  • Barre de contrôle (en haut) : change selon l’outil sélectionné
  • Barre d’outils (a droite)
  • Panneau Pages : navigation + gabarits
  • Panneau Liens : vérifie tes images (manquantes, modifiées, résolution)
  • Panneau Caractère / Paragraphe : typo
  • Panneau Styles : ton meilleur ami quand tu veux un rendu cohérent
  • Propriétés : panneau “tout-en-un” pratique pour débuter

Outils à faire retenir

  • Sélection (noire) / Sélection directe (blanche)
  • Texte (T)
  • Rectangle / ellipse (pour les blocs)
  • Placer (Ctrl/Cmd + D) : l’action la plus utilisée du logiciel

Workflow propre

Étape A : créer le document correctement

  • Format (A4, A5, carré…)
  • Pages en vis-à-vis ou non
  • Fond perdu (souvent 3 mm print)
  • Marges (ex : 10–15 mm selon format)

Étape B : structure

  • Grille de colonnes (2, 3, 4…)
  • Gabarits : folios, repères, titres récurrents
  • Styles de paragraphes (Titre 1, Titre 2, Corps, Légende…)

Étape C : contenu

  • Placer images + texte
  • Chaîner les blocs texte
  • Ajuster cadrage d’image (sans déformer, pitié)

Étape D : contrôle

  • Liens OK ? Résolution OK ?
  • Préflight : aucune erreur
  • Export PDF selon destination

Typo et mise en page

Les règles faciles à marteler

  • 2 polices max (3 si tu assumes ton crime)
  • Hiérarchie : Titre / intertitre / corps / légende
  • Alignements cohérents (grille, colonnes)
  • Interlignage respirant
  • Attention à :
    • veuves / orphelines
    • césures absurdes
    • justification qui crée des “rivières”

Styles (à imposer dès le début)

  • Style de paragraphe = structure
  • Style de caractère = exceptions (gras local, petite cap, couleur…)
  • Bonus Master 1 : styles imbriqués, GREP (si tu veux frimer proprement)

Images : la vérité triste

  • Indesign n’est pas un logiciel de retouche.
  • Il gère le placement, le cadrage, la mise en page.
  • Vérifier :
    • Résolution (print souvent ~300 ppp)
    • Mode colorimétrique (CMJN pour imprimeur, RVB pour écran)
    • Liens à jour

Panneau Liens = tableau de bord. Si c’est rouge, c’est pas “un détail”.


Couleur : CMJN, RVB, tons directs (version claire)

  • RVB = écran (web, PDF interactif)
  • CMJN = impression (magazine, flyers)
  • Pantone / ton direct = impression spécifique (souvent coûteuse)
  • Nuancier : évite les “couleurs sauvages” créées au hasard sur un bloc.

Exporter

Utilise un répertoire export avec le nom de ton export et son n° de version.

PDF pour imprimeur

  • PDF (Print)
  • Fond perdu activé + repères si demandé
  • Profil selon imprimeur (souvent PDF/X)
  • Images en qualité suffisante

PDF pour écran

  • Poids optimisé
  • RVB
  • Liens cliquables si besoin

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